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27 février 2010, profession solennelle de F. Nathanaël |
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Homélie de profession |
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1Corinthiens 13 – Jean 1,43-51 Frère Nathanaël, Quelles sont-elles, ces choses extraordinaires ? Chaque fois que Jésus parle du Fils de l’homme, il nous fait une promesse extraordinaire, il nous dit de lui ce qui nous est promis à nous au sein même de notre faiblesse : « vous verrez, vous aussi », vous allez voir jusqu’où ça mène, d’être un homme, cela n’est pas une simple « condition », c’est une promesse, celle d’une expérience extraordinaire à faire, à vivre ! Ce que nous allons voir, ces choses extraordinaires, « plus grandes
encore », qui dépassent tout, saint Paul nous dit que c’est
l’expérience de l’amour, de la charité. Tu le
sais bien, puisque tu as choisi toi-même cette lecture. |
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| Dans le VISAGE d’un homme, d’une femme,
rien ne parle comme les yeux : un amoureux peut certes aimer les jolies
petites oreilles de sa fiancée, son petit nez mutin, et plus sûrement
ses lèvres, parce qu’elles sont plus mobiles, plus expressives,
plus reconnaissables, plus personnelles, mais rien dans le visage humain
n’atteint la présence des yeux, véritable ostensoir
de l’âme, de sa liberté et de sa vérité,
de son désir et de ses peurs : une âme se donne à voir
dans son regard jusque dans ce qu’elle ignore d’elle-même,
son mystère. Ce que je veux voir dans l’autre, dans l’être aimé, c’est CE QUI ME REGARDE : tel est le sens même du mot visage, ce qui me vise, la visée de l’autre, présence personnelle qui n’est jamais pure passivité mais extraordinaire activité. L’œil en moi ne sait pas être seulement regardé, passivement regardé, il ne peut s’empêcher de regarder lui aussi, activement. C’est pourquoi deux regards qui se rencontrent peuvent produire tant d’étincelles, un tel court-circuit : dans bien des cultures, il est inconvenant de regarder l’autre dans les yeux. |
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| Entre Jésus et Nathanaël, tout s’est
joué dans un regard ; c’est littéralement en un coup
d’œil que les protagonistes se sont jaugés, estimés,
déclarés. Un coup d’œil qui est une sorte de coup
de foudre. Ce Nathanaël ébloui par le Fils de Dieu, c’est chacun de nous, que Jésus emmène patiemment vers le fils de l’homme, plus difficile à regarder, plus résistant à l’amour. La conversion du regard va durer toute notre vie de chrétien, mais « TU VERRAS, tu vas voir » ! Pour conclure, j’emprunte au P. Teilhard de Chardin quelques mots du soir de sa vie qui disent le bonheur de celui qui croit à la promesse du Christ : « Le monde au cours de toute ma vie, par toute ma vie, s’est peu à peu allumé, enflammé à mes yeux, jusqu’à devenir, autour de moi, entièrement lumineux par le dedans. » Qu’il en soit ainsi pour toi, frère Nathanaël, et pour nous ! Amen. frère David |
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Signature
de la charte de profession |