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Kengo Sekimori, 31 ans, Université d'Hanazono, Kyoto, accueilli à l'abbaye de Praglia.

 

 



Il y a quatre ans je faisais partie du Programme d'Echange avec l'abbaye de Zundert (NL) et avec un monastère trappiste en Belgique. Ceci augmenta mon intérêt pour le monachisme chrétien. Je désirais aussi venir parce qu'il m'apparaît de plus en plus qu'à l'heure actuelle les religions ne peuvent plus se confiner chacune dans sa petite coquille.
J'ai trouvé beaucoup d'amour au monastère de Praglia. On peut lire beaucoup sur ce sujet, mais c'est autrement impressionnant d'en faire vraiment l'expérience. Je peux dire en toute honnêteté que tous et chacun des moines que j'ai rencontrés mettaient en pratique le commandement du Christ " Aimez votre prochain comme vous-même ". Dans les monastères Zen, on a tendance à mettre l'accent sur le désintéressement et ceci peut conduire à une certaine froideur et brusquerie. Dans les monastères chrétiens l'importance de la compassion et de la chaleur humaine était réaffirmée.
Au cours de mes discussions avec les moines, j'ai compris un peu mieux la manière dont les moines chrétiens envisagent le bouddhisme. Les plus jeunes moines surtout ont de la peine à comprendre le sens que peut avoir pour les bouddhistes la prière et la méditation puisqu'ils ne croient pas en Dieu. A la racine de cette question il y a, je crois, le soupçon que les bouddhistes n'ont pas conscience de la puissance transcendantale qui est au-delà du Bouddha et du Dharma. Puisque les moines chrétiens considèrent le monde comme la création de Dieu, ils voient le Bouddha et les maîtres Zen comme des expressions créées de la grâce de Dieu manifestées en une forme humaine. J'ai tâché d'exprimer notre croyance en termes Zen, en disant qu'au début il n'existait pas " une seule chose ", et que cependant ce " pas une seule chose " se manifeste comme une fleur, comme nous, et que ceci est une expression miraculeuse de " pas une seule chose ". Le néant, le " mu " du Zen n'est pas seulement un non-être, mais bien l'" être suprême ". Mais il était difficile d'expliquer cela. Je suis bien conscient des dangers d'une généralisation excessive, mais mon impression est bien que ceci est le problème théologique fondamental.
Je suis encore " en chemin ", aussi il m'est difficile de répondre à la troisième question. Nous avons en effet des histoires et des traditions différentes, et il est donc normal que nous ayons des différences doctrinales. A la fin du séjour, le Rev. Fukano écrivit sur un éventail : " La montagne, la lune, le soleil - tout dans l'amitié ". Si vous les prenez séparément, chacun est beau - comme le Christianisme ou le Bouddhisme. Mais si la neige tombe sur la montagne, la montagne ne perd rien de sa majesté, la neige ne perd rien de sa blancheur.
Nous vivons dans un temps où le matérialisme semble imposé par-dessus tout. Mais si nos différences peuvent contribuer à faire ressortir la valeur et l'importance de la religion dans notre monde, alors cet échange aura été près précieux.




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