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Sokin Yano, 31 ans, Ryuunji, Kyoto,
accueilli au Sacro Eremo de Camaldoli

 

J'ai pris part à ce programme parce qu'il y a deux mois, le prêtre qui m'avait ordonné m'a contacté au sujet de cet échange et m'a encouragé à y participer. Auparavant je ne ressentais pratiquement aucun intérêt pour le christianisme. Pour me préparer, j'ai lu la règle de saint Benoît et j'ai été très impressionné par les similitudes avec le monachisme Zen dans ses vues et ses méthodes. Ceci a stimulé mon intérêt à voir de plus près la vie monastique en Occident. Je pouvais lire sur des concepts tels l'amour et la prière, et même si, pendant un aussi bref séjour, je n'ai pas pu parvenir à une pleine compréhension, j'ai au moins pu voir comment les moines vivaient.


J'ai séjourné au monastère des Camaldules près de Florence. Ce monastère avait déjà accueilli le troisième Echange Spirituel. A ce moment-là, les moines du Japon avaient logé dans le monastère inférieur, mais nous, nous logions à l'ermitage. J'avais lu des choses sur la terrible canicule qui avait sévi en Europe cet été et j'avais estimé que des vêtements légers suffiraient. Mais à l'altitude à laquelle nous nous trouvions, la température pouvait descendre le matin jusqu'à trois ou quatre degrés. Les moines me donnèrent des vêtements chauds.
A part les repas et les temps de prière, les moines vivent seuls, chacun dans son petit ermitage. Ce genre de vie demande beaucoup de discipline et de motivation personnelle. J'ai été impressionné par la force morale des moines et leur sévérité vis-à-vis d'eux-mêmes - et en même temps par leur grande chaleur fraternelle et leur esprit d'hospitalité. J'ai aussi été frappé par l'équilibre entre les âges des moines, il y en avait de 80 ans, de 75 ans et puis en descendant l'échelle jusqu'à 30 ans. J'en ai ressenti quelque envie, car dans un monastère Zen les moines sont tous plutôt jeunes ; il y a peu de moines avec une longue expérience de la vie monastique. Les plus jeunes frères m'ont dit combien la présence des moines plus âgés était importante : ce sont eux qui créent le climat et l'atmosphère de toute la maison.
La trame traditionnelle dans un monastère Zen est que des périodes d'entraînement intense alternent avec des temps de détente. Dans un monastère chrétien on a plus l'impression d'un flux continu. J'ai constaté un sens profond de l'harmonie et de la fraternité, alors que dans un monastère Zen, où les moines doivent passer par des séries de koans, il peut y avoir un sentiment de rivalité. Le Prieur général nous a dit que la vie monastique nous aide à réaliser que les hommes ne sont pas les maîtres de l'univers.
Il y a évidemment des différences, mais il est difficile de porter un jugement de valeur sur ces différences. Je ressens que la montagne est la même et que les sentiers vers le sommet sont différents. Chacun doit trouver le chemin qui lui convient le mieux.
Quand je rentrerai au Japon, il est difficile de savoir comment je vais mettre en pratique cette expérience, mais je suis sûr qu'au cœur de ma vie quotidienne cette expérience trouvera à s'exprimer. Pour l'instant je ne suis vraiment pas sûr comment cela se produira.





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