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Les organisateurs étaient déjà Pierre-François
de Béthune et Notker Wolf. Une quarantaine de moines et de religieux
sont venus du Japon et ont été répartis par groupes
de deux ou trois dans des monastères de toute l'Europe. Il y avait
beaucoup d'appréhension du côté des monastères
européens et des opinions divergentes dans les communautés.
Mais les Abbés ont insisté sur l'importance du dialogue
interreligieux et le programme a été une grande réussite.
C'est pourquoi ces échanges ont continué jusqu'à
ce jour. Tous les moines japonais qui ont participé à ce
programme en ont grandement bénéficié et ils ont
ramené beaucoup de bonnes choses au Japon.
L'Histoire a vu bien des tensions et des problèmes entre les religions
et je crois que la cause en est surtout qu'elles ne se connaissent pas
entre elles. De plus les malentendus se multiplient. Ces visites approfondissent
une connaissance mutuelle.
A la fin du premier Echange, tous les participants se sont rassemblés
en Allemagne. Ensuite nous sommes allés en car jusqu'à Rome,
en nous arrêtant à Assise. Il y a eu un symposium près
du lac Nemi. Or si pendant leur séjour dans les monastères
les moines japonais s'étaient montrés très réservés,
au lac Nemi ils ont dansé !
Les Européens en ont été tellement impressionnés
qu'ils ont désiré aller au Japon et quatre ans plus tard
a eu lieu le deuxième Echange Spirituel au cours duquel dix sept
moines et moniales chrétiens ont été reçus
au Japon. Par groupes de deux ou trois ils ont passé un mois dans
des monastères japonais Zen. Lors de cet échange il y a
eu une retraite de groupe, une sesshin, à Sogen-ji, Okayama. Beaucoup
parmi les participants étaient assez âgés et rester
assis jambes croisées pendant un temps assez long leur était
pénible. Ils ne pouvaient pas manger au même rythme que les
moines japonais, n'ayant pas l'habitude d'utiliser des baguettes. Ils
n'arrivaient pas à mettre leurs pantoufles et étaient choqués
d'être frappés avec un keisaku (bâton) pendant les
séances d'assise. Les Européens n'étaient pas habitués
à ne pas bouger pendant la méditation et c'était
surtout difficile pour eux de rester immobiles quand les moustiques commençaient
à les piquer. Les Japonais savaient comment chasser les moustiques
en soufflant, mais comme les Européens ne savaient pas comment
s'y prendre, ils devaient souffrir en silence. En une occasion j'eus pitié
d'un des moines européens et j'ai chassé un moustique de
sa figure. Il a alors voulu me témoigner sa reconnaissance en joignant
les mains. J'ai cru que par ce geste du gassho il me demandait de le frapper
avec le keisaku (bâton), ce que je fis. Le pauvre homme n'a pas
compris ce qu'il avait fait de mal, ni pourquoi il était puni !
Dormir en dortoir était aussi difficile pour les chrétiens,
de même que la rapidité avec laquelle tout était fait
et le manque de temps libre.
Quatre ans plus tard, il y a eu une autre visite des Japonais en Europe
et quatre ans après un autre groupe d'Européens est encore
venu au Japon. C'était le quatrième Echange Spirituel.
Au fil des ans l'intervalle entre ces visites s'est fait plus court et
le nombre des participants a diminué, mais les échanges
se poursuivent à un rythme plus soutenu jusqu'à présent.
Cette année nous sommes venus en Italie. Nous aimerions maintenant
inviter un groupe de moines italiens à venir au Japon.
Vérité, amour, paix, liberté. Selon Jean XXIII, ce
sont les valeurs les plus importantes pour notre monde. Mais aujourd'hui
nous voyons guerres et conflits. Le Pape actuel a été infatigable
dans ses efforts et ses prières pour la paix. Nous, moines et moniales,
nous contribuons à l'avènement de la paix par notre dialogue
silencieux. Il est important aussi que nous manifestions notre désir
de paix. Dans le bouddhisme japonais, nous insistons sur la méditation
silencieuse, mais nous ne travaillons peut-être pas assez pour la
paix. Nous vous remercions de nous donner le témoignage de votre
engagement social et de votre action pour la paix. Nous désirons
faire tout ce que nous pouvons pour vous accueillir et vous montrer notre
témoignage à nous.
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