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HOZUMI Gensho Roshi.
Centre International Zen de Kyoto

 


Il y a vingt-trois ans je suis venu du Japon pour le premier Echange Spirituel Est-Ouest. Vatican II avait préparé le chemin pour cette rencontre en ouvrant la possibilité pour nous d'entrer et de vivre dans des monastères chrétiens. J'ai passé alors trois semaines au monastère de Westmalle, en Belgique. Une autre fois j'ai pu passer deux semaines au Montserrat, en Espagne. Par la suite, je suis retourné chaque année en Europe, visitant beaucoup de monastères et y séjournant.
Au cours du premier Echange Spirituel, en 1979, s'est tenu à Cologne une exposition sur la calligraphie Zen accompagnée d'une série de conférences sur le Zen et de présentations du cha no yu, la cérémonie du thé, et d'un art martial, le kendo. Omori Sogen était le principal responsable de ces présentations. Un de ses disciples était un jésuite japonais, le Père Kakishi Kadowaki.



Les organisateurs étaient déjà Pierre-François de Béthune et Notker Wolf. Une quarantaine de moines et de religieux sont venus du Japon et ont été répartis par groupes de deux ou trois dans des monastères de toute l'Europe. Il y avait beaucoup d'appréhension du côté des monastères européens et des opinions divergentes dans les communautés. Mais les Abbés ont insisté sur l'importance du dialogue interreligieux et le programme a été une grande réussite. C'est pourquoi ces échanges ont continué jusqu'à ce jour. Tous les moines japonais qui ont participé à ce programme en ont grandement bénéficié et ils ont ramené beaucoup de bonnes choses au Japon.
L'Histoire a vu bien des tensions et des problèmes entre les religions et je crois que la cause en est surtout qu'elles ne se connaissent pas entre elles. De plus les malentendus se multiplient. Ces visites approfondissent une connaissance mutuelle.
A la fin du premier Echange, tous les participants se sont rassemblés en Allemagne. Ensuite nous sommes allés en car jusqu'à Rome, en nous arrêtant à Assise. Il y a eu un symposium près du lac Nemi. Or si pendant leur séjour dans les monastères les moines japonais s'étaient montrés très réservés, au lac Nemi ils ont dansé !
Les Européens en ont été tellement impressionnés qu'ils ont désiré aller au Japon et quatre ans plus tard a eu lieu le deuxième Echange Spirituel au cours duquel dix sept moines et moniales chrétiens ont été reçus au Japon. Par groupes de deux ou trois ils ont passé un mois dans des monastères japonais Zen. Lors de cet échange il y a eu une retraite de groupe, une sesshin, à Sogen-ji, Okayama. Beaucoup parmi les participants étaient assez âgés et rester assis jambes croisées pendant un temps assez long leur était pénible. Ils ne pouvaient pas manger au même rythme que les moines japonais, n'ayant pas l'habitude d'utiliser des baguettes. Ils n'arrivaient pas à mettre leurs pantoufles et étaient choqués d'être frappés avec un keisaku (bâton) pendant les séances d'assise. Les Européens n'étaient pas habitués à ne pas bouger pendant la méditation et c'était surtout difficile pour eux de rester immobiles quand les moustiques commençaient à les piquer. Les Japonais savaient comment chasser les moustiques en soufflant, mais comme les Européens ne savaient pas comment s'y prendre, ils devaient souffrir en silence. En une occasion j'eus pitié d'un des moines européens et j'ai chassé un moustique de sa figure. Il a alors voulu me témoigner sa reconnaissance en joignant les mains. J'ai cru que par ce geste du gassho il me demandait de le frapper avec le keisaku (bâton), ce que je fis. Le pauvre homme n'a pas compris ce qu'il avait fait de mal, ni pourquoi il était puni ! Dormir en dortoir était aussi difficile pour les chrétiens, de même que la rapidité avec laquelle tout était fait et le manque de temps libre.
Quatre ans plus tard, il y a eu une autre visite des Japonais en Europe et quatre ans après un autre groupe d'Européens est encore venu au Japon. C'était le quatrième Echange Spirituel.
Au fil des ans l'intervalle entre ces visites s'est fait plus court et le nombre des participants a diminué, mais les échanges se poursuivent à un rythme plus soutenu jusqu'à présent. Cette année nous sommes venus en Italie. Nous aimerions maintenant inviter un groupe de moines italiens à venir au Japon.
Vérité, amour, paix, liberté. Selon Jean XXIII, ce sont les valeurs les plus importantes pour notre monde. Mais aujourd'hui nous voyons guerres et conflits. Le Pape actuel a été infatigable dans ses efforts et ses prières pour la paix. Nous, moines et moniales, nous contribuons à l'avènement de la paix par notre dialogue silencieux. Il est important aussi que nous manifestions notre désir de paix. Dans le bouddhisme japonais, nous insistons sur la méditation silencieuse, mais nous ne travaillons peut-être pas assez pour la paix. Nous vous remercions de nous donner le témoignage de votre engagement social et de votre action pour la paix. Nous désirons faire tout ce que nous pouvons pour vous accueillir et vous montrer notre témoignage à nous.



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