| Sagesse 12, 13. 16-19 Psaume 85 Romain 8, 26-27 Matthieu 13, 24-43 |
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Ces paraboles du Royaume dans l’Evangile de Saint Matthieu nous
sont bien connues. Elles sont parmi celles qui nous apportent probablement
le plus de réconfort dans notre pèlerinage terrestre. On
pourrait ainsi résumer ce qui est en jeu : comment, après
la victoire du Christ sur le péché et la mort, les forces
du mal paraissent avec encore tant d’insolence et semblent faire
obstacle à l’expansion du Royaume de Dieu ? Depuis pratiquement
deux mille ans que le Christ est ressuscité, ne serait-on pas tentés
par un sentiment de découragement, presque de vertige, devant le
constat de la minceur relative des résultats, même parmi
ceux qui s’affichent comme chrétiens ? La question des serviteurs du maître « n’est-ce pas
du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où
vient qu’il y a de l’ivraie ? » est bien une de nos
questions, parfois lancinantes devant certaines situations, certains comportement,
voire des attitudes perverses, d’individus ou de groupes... hélas,
les exemples, et des plus récents, ne manquent pas. Nous sommes
tous confrontés à cet éternel problème ! Et Jésus poursuit, en réponse à la question des
serviteurs prêts à tout de suite intervenir : « Laissez
pousser jusqu’à la moisson » tout simplement pour ne
pas risquer d’arracher en même temps le blé. Rendons gloire à Dieu en cette Eucharistie et rendons Lui grâce
pour son immense bonté et patience à l’égard
des hommes, de Son Eglise, de chacun de nous, et offrons nous à
Lui, avec Jésus, en Lui demandant de nous garder fidèles
par son esprit pour nous faire aimer tous nos frères, croire en
eux, espérer en eux. Amen.
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| Isaïe 55, 10 - 11 ps 144 Romains 8, 18 - 23 Matthieu 13, 1-23 |
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Il nous faut recevoir cet Evangile avec tonus. Car il est un partage
d’expériences et un encouragement et de Jésus et de
la communauté chrétienne à laquelle appartient l’évangéliste
Matthieu. Quelle était l’expérience de Jésus
avec les apôtres, les disciples et les foules ? Beaucoup de déperdition
de Sa parole, des échos aussi enthousiastes qu’éphémères,
et des abandons. N’est-ce pas notre expérience à chacun ? Malgré
nos tiédeurs, nos trahisons, nos volte-face, nos tentations de
tout plaquer, le semeur sort toujours pour semer dans nos vies, sans se
lasser, sans dire : maintenant, c’est fini, je le laisse tomber.
Il nous rejoint même dans nos tiédeurs, nos trahisons, nos
volte-face et nos tentations de tout plaquer ; et heureusement que le
grain est semé jusque-là. Vous comprenez dès lors, Frères et Sœurs, que la Parole
de Dieu n’est pas pour les chrétiens un joli texte ; pas
même un réservoir à idées, fussent-elles bonnes.
La Parole de Dieu est la première nourriture pour notre foi, pour
chaque jour, disponible à tout moment, semée largement et
à toute heure.
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| Zacharie 9, 9-10 Psaume 144 Romains 8, 9-13 Matthieu 11, 25-30 |
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| II Rois 4, 8-1620, 10-13 Psaume 88 Romains 6, 3-11 Matthieu 10, 37– 42 |
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C’est cela le mystère de l’Église et c’est
la grande question que Jésus ce matin pose à chacun de nous
: acceptes-tu que je passe par toi, par ton cœur, par tes mains,
par ta pensée, mais aussi par ta pauvreté, par ta fragilité
psychologique, affective, physique, mentale, pour faire aujourd’hui,
pour les hommes d’aujourd’hui, ce que j’ai fait hier
sur les routes de Galilée, c’est-à-dire mon travail
de Messie : consoler les hommes et évangéliser les pauvres
? Parce que Dieu s'est fait homme en Jésus-Christ, il existe une solidarité entre lui et nous. Il est auprès du Père notre représentant et il l'est avec une telle force que nous sommes en lui. Désormais, Jésus est impensable sans sa Communauté de salut, sans l'Église qui est son Corps, et dans ce Corps, il aime choisir pour se manifester, pour se donner, ceux qui sont les plus pauvres. Il existe un vieux récit qui a contribué à façonner
l’Église de notre pays, la Vie de saint Martin de Tours,
moine et apôtre de la Gaule au IVe siècle. Son biographe,
Sulpice Sévère, a placé au début et à
la fin de la vie de saint Martin, le récit d’une apparition.
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Jérémie 20, 10-13 |
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Et là nous touchons à un point essentiel de l’expression
de notre foi dont l’Evangile du jour fait écho. Elle ne peut
s’enraciner autre part que dans une Alliance avec le Dieu Vivant
et que se vivre dans une relation à l’autre si différent
soit-il, en une communion profonde aux autres frères en humanité.
Oui, elle est bien l’expérience de se recevoir d’un
autre, du Tout Autre et elle transparaît dans le témoignage
quotidien, dans la relation à l’autre faite de respect, d’accueil,
de disponibilité. La conversion à Dieu entraîne une
conversion de nos attitudes humaines. Vous en savez certainement quelque
chose. Elle exige une cohérence de vie qui s’exprime autant
dans les orientations de fond que dans la vérité quotidienne
de nos actes et dont l’inscription dans l’humble simplicité
serait bien déjà une signature de l’œuvre de
Dieu en nous, par nous, comme le disait au 3e siècle un Père
de L’Eglise en Afrique du Nord, saint Cyprien de Carthage.
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Exode 19, 2-6 |
Ce texte évangélique est un des plus importants du Nouveau Testament, car il est à l’origine du groupe des apôtres désignés par Jésus et de l’expansion du christianisme naissant. Mais en même temps, il a de quoi nous surprendre par la recommandation que Jésus fait aux disciples envoyés en mission : « N’allez pas chez les païens et n’entrez dans aucune ville des Samaritains (les Samaritains étaient considérés comme hérétiques, ennemis déclarés des Juifs). Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. » De même, au chapitre 15 de ce même évangile, Jésus reprend la formule pour répondre à une femme Cananéenne, païenne, qui lui demandait de guérir sa petite fille : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais aussitôt après lui avoir dit cela, il se laisse toucher par la foi de cette femme, et il guérit sa fille. On pourrait encore faire un rapprochement avec l’épisode de la guérison du serviteur d’un centurion romain, au chapitre 8 de ce même évangile de Matthieu, où Jésus se fait d’abord prier, puis opère la guérison devant la foi de ce païen. A un niveau purement historique, au sens actuel du mot historique, il est probable que Jésus n’est pas souvent sorti des frontières d’Israël. L’épisode de la guérison de la fille de cette femme Cananéenne est apparu d’autant plus significatif à un moment où l’Eglise s’ouvrait aux non-juifs. Et pourtant, au chapitre 4 de l’évangile de saint Jean, Jésus n’hésite pas à traverser la Samarie pour se rendre de Galilée à Jérusalem et, qui plus est, à engager la conversation avec une femme Samaritaine. Jésus ne serait-il pas fidèle à la consigne qu’il donne à ses disciples ? A lire le livre des Actes des Apôtres, c’est-à-dire le début de l’histoire de l’Eglise, on pourrait penser qu’au lendemain de la Pentecôte, les disciples de Jésus se seraient volontiers laisser enfermer dans Jérusalem. Au début, en effet, saint Luc présente les premiers chrétiens comme un groupe bien uni, assidu à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle aux abords du Temple (Actes 2,42). Puis, brusquement, au chapitre 5, on raconte cette épouvantable histoire d’Ananie et de Saphire. Au chapitre 6, on apprend qu’il y avait des tiraillements entre croyants Hellénistes et croyants Hébreux. Cela montre bien que, dès le début, tout n’allait pas tout seul : il y avait des rivalités, des jalousies… Et puis, tout d’un coup, au chapitre 8, une violente persécution éclate contre l’Eglise de Jérusalem. Saint Luc précise : tous durent s’enfuir, sauf les apôtres (8,1). Qui donc doit fuir la persécution ? Ce sont les Hellénistes, ces chrétiens ouverts au monde païen, qui parlent le grec. Et où vont-ils ? Ils vont tout naturellement chez les Samaritains, ces frères de race qui sont là, tout près. Et c’est ainsi que commence la grande aventure missionnaire : parce que des chrétiens sont brutalement chassés de Jérusalem par une persécution. Mais alors, la nouvelle de l’évangélisation de la Samarie parvient jusqu’à Jérusalem et les apôtres restés à Jérusalem délèguent Pierre et Jean pour aller voir ce qu’il s’y passe. Ils y vont et ils trouvent cela très bien (Actes 8,14-17). Arrive ensuite l’histoire de l’eunuque éthiopien, qui est un texte exemplaire pour saint Luc : voilà ce qu’il faut faire. Et lorsque l’eunuque demande tout naturellement : « qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? », on a l’impression que Philippe se dit en lui-même : Ah, mais oui, au fond, c’est une bonne idée. Je n’y avais pas pensé… Pierre continue à inspecter ce qui se passe tout autour de Jérusalem. C’est alors que se produit un événement tout à fait inattendu : la rencontre de Pierre et de Corneille, un centurion de l’armée romaine, un païen, que Pierre se décide à baptiser (Actes 10,1-48). Le comble, c’est que « l’Esprit tomba », dit le texte, sur ceux qui avaient entendu le message de Pierre, ce qui provoqua de la « stupeur » (Actes 10,44). A Jérusalem, Pierre doit alors donner une explication détaillée de tout ce qui s’est passé, à l’intention des croyants d’origine juive qui demandent des comptes. La confrontation de Pierre, le chrétien d’origine juive, et du centurion Corneille, le chrétien d’origine païenne, est une conversion réciproque : le païen est devenu croyant en Christ, le juif est en train de devenir un chrétien sans frontières. La voie est maintenant ouverte, la route est désormais commune : ce sont les voyages missionnaires de Paul qui vont diffuser l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. Alors, lorsqu’on relit le début du livre des Actes des Apôtres,
on a vraiment l’impression que s’il n’y avait pas eu
cette persécution initiale, le groupe des disciples se serait volontiers
laissé enfermer dans leur bulle à Jérusalem, et le
christianisme n’aurait été qu’une secte judéo-juive.
Certes, le christianisme a pris naissance à Jérusalem. Mais
le Jésus universel, mort et ressuscité, n’est plus
le même que le Jésus juif d’avant Pâques. Il
aura fallu bien des hésitations de la part des apôtres, et
le tempérament de feu d’un saint Paul, pour qu’on comprenne
que la foi en Jésus mort et ressuscité n’a plus de
frontières. Et il faudra attendre le dernier chapitre de l’évangile
de saint Matthieu pour entendre Jésus nous dire : « Allez,
de toutes les nations, faites des disciples ! » |
Osée 6, 3-6 |
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Les pécheurs mangent avec Lui. Pourquoi ? Et Jésus répond
avec deux mots, deux mots dont il est important de comprendre la signification.
Le premier mot c’est ‘médecin’. Le deuxième
c’est ‘sacrifice’ ou, si vous voulez, ‘le culte’,
ce que nous sommes en train de faire maintenant. « Je n’ai
pas besoin de votre culte ; le sacrifice de la messe je n’en ai
pas besoin ! » Le médecin, Jésus est médecin
mais pas comme un guérisseur, pas comme un magicien. Il soigne
et c’est le malade qui guérit, et c’est une imposture
de dire que j’ai été chez un médecin qui m’a
guéri. Non, le médecin vous a soigné et c’est
vous qui avez guéri. Mais il y a un deuxième mot qui nous met en question, ici, maintenant,
dans notre célébration, dans le culte que nous vivions.
Jésus dit : « Je n’ai pas besoin de vos sacrifices,
Je n’ai pas besoin de votre culte ! » Et que faisons nous
ici ? Cela veut dire : Je n’ai pas besoin de vos rites si vous croyez
qu’ils sont magiques si vous croyez qu’il suffit de venir
à la messe pour que ça porte bonheur. J’ai vu ou plutôt
osé dire : « votre culte est fugitif, ‘comme la brume
du matin’ ». Il me semble entendre ce qu’on entend quelquefois
à la radio : « après dissipation des brumes matinales...
» Ce qui veut dire que la moitié du jour vous serrez encore
dans la brume. La messe toute seule ne suffit pas. Il y faut encore le culte, c'est-à-dire
quelque chose à cultiver, par l’étude, par la lecture,
par la réflexion, par la prière... Et de même que
la messe seule, sans culture, ne suffit pas, connaître et avoir
la culture, sans la messe, ne suffit pas non plus. Mais la culture rend
notre culte plus concret, plus lucide, plus conscient, plus engagé,
plus efficace !
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| Actes des Apôtres 2/14.22b-32 Evangile Matthieu 28/8-15 |
Frères Grégory et Jean-Jacques, l’un et l’autre vous avez commencé ailleurs votre chemin de moine, frère Grégory à l’abbaye Saint Paul de Wisques et frère Jean-Jacques à l’abbaye Notre Dame d’Orval. N’oubliez pas ce que vous y avez reçu mais, au chapitre 61ème de la Règle, saint Benoît nous dit : « En tout lieu, c’est un seul Seigneur que l’on sert, c’est sous un seul Roi que l’on milite. » Je voudrais commenter cette parole de notre Père Saint Benoît. « UN SEUL SEIGNEUR … » En ce lundi de Pâques,
c’est dans la lumière du Christ ressuscité, le Seigneur,
que vous faites profession. L’engagement réciproque entre
chacun de vous et notre communauté a son fondement dans le Christ
Seigneur, dont Pierre vient de nous dire dans la première lecture
: « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes
témoins ». C’est Lui que vous voulez préférer:
« Ne rien préférer à l’amour du Christ
» dit la Règle des Moines. Comment dire mieux que le Christ
est infiniment plus qu’un message, une sagesse ; Il est un «
Tu » envers qui j’engage toute ma capacité de m’attacher,
d’aimer, une personne que je choisis de suivre librement pour qu’Il
reste mon « préféré ». Sur ce chemin de conversion, vous aurez à : « Combattre » et à « servir »: « C’est un seul Seigneur que l’on sert et sous un seul Roi que l’on combat ». COMBATTRE : SERVIR Servir le Seigneur dans la prière et Le servir dans les frères: « Ils se serviront les uns les autres dans la charité » (RB 35/6) dit La Règle du service de la cuisine, des malades, et ailleurs. L’amour se dit dans le service, comme Jésus, le Seigneur et le Maître, nous en a donné le commandement et l’exemple le Jeudi Saint. Dans l’évangile de ce jour, c’est aussi sur le chemin où les femmes sont envoyées à la rencontre des frères que le Seigneur se montre à elles : « Tremblantes et toutes joyeuses elles courent porter la nouvelle aux disciples et voici que Jésus vient à elles et les salue ». C’est sur le chemin de la rencontre de vos frères, à travers la médiation de la communauté que le moine sert le Seigneur. Ne vous mettez pas à l’écart, vous ne tarderiez pas à vous égarer. Enfin c’est dans la stabilité que vous vous engagez à combattre et à servir. Cela demande la « longue patience de l’amour » car « toujours peut durer longtemps ». Benoît nous en avertit dès la fin du prologue de la Règle : « Ne nous écartant jamais de l’enseignement du Seigneur et persévérant jusqu’à la mort dans sa doctrine au sein du monastère, participons par la patience aux souffrances du Christ pour mériter d’avoir part à son Royaume » (Prologue.50). C’est dans la stabilité que vous expérimenterez la longue et indéfectible fidélité du Seigneur à laquelle vous essaierez de répondre par votre propre fidélité, jusqu’à ce que le Seigneur vous reçoive dans son Royaume . C’est ce que vous demandez dans le « Suscipe » de la profession : « Reçois- moi Seigneur et je vivrai » maintenant et toujours ; c’est ce que nous allons demander avec vous et pour vous, en invoquant dans un instant l’intercession de tous les saints du ciel. |