Parfois dans la bouche des prophètes ou l’évangile, le Seigneur semble violent. Violent contre le culte, violent contre la famille. C’est notre violence que dénonce le Seigneur, ou plutôt notre FAUSSE PAIX, la fausse paix des injustices que le culte tente de voiler, la fausse paix de nos relations que recouvrent tant bien que mal nos organisations : familiale, sociale, communautaire, ou nationale.
Telle était sans doute la fausse paix qui se lit dans le journal personnel de Louis XVI pour la journée du 14 juillet 1789 : « Rien », sans doute « rien pris à la chasse » mais rétrospectivement, cela trahit l’immense fossé dans la société d’alors…
Chez Isaïe, le remède à la violence, c’était « faites droit à la veuve, à l’orphelin », le petit, le faible. Dans l’évangile, c’est un « simple verre d’eau fraîche » donné au « petit ».
Le plus faible, le plus petit, est la pierre de touche de toutes nos organisations. La place faite au plus faible est le reflet du degré d’évolution d’une société, d’une famille, d’une communauté.
Cela est vrai jusque dans notre vie personnelle, intérieure, notre organisation interne, si l’on peut dire : c’est l’accueil bienveillant de nos propres fragilités qui permet au Christ de venir établir en nous une paix véritable.
"Il y a une différence énorme entre la paix qui est ce don de Dieu qui surpasse toute intelligence et une paix psychologique. Si on vit dans le rêve ou l’illusion ou si on a un blocage et que quelqu’un vienne nous remettre dans la vérité en touchant au blocage ou au rêve, cette mise en cause nous trouble et nous énerve. Pour être dans la vérité, il faut savoir parfois perdre la paix psychologique. La paix vraiment divine jaillit souvent de la souffrance, de l’humiliation et d’un trouble psychologique accepté." (Jean VANIER, La Communauté, lieu du pardon et de la fête, p. 197)
Abbaye Saint Benoît d'En Calcat - 81110 DOURGNE